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11.03.2007
Amadeo
Il est mon caméléon. Il est mon jouet, mon dessin que j'efface chaque jour et recrée différent. Aujourd'hui il s'appelle Amadeo, je le regarde coiffer ses beaux cheveux châtains, je le vois faire sa moue de bébé faussement tendre, et je pense que ce prénom lui sied à merveille. Je l'informe qui il est, qu'il est Amadeo, l'ange enfant, froid, curieux, cruel, avide, ensorceleur. Il rie et se jette sur moi, restée dans les draps chauds, et me mordille le cou. Parfait, il sait qui il est. Ma sculpture, mon esclave. Je l'aime tellement, mais je le tuerais s'il s'avisait de m'aimer sans mon ordre. Aujourdhui je suis asexuée, comme lui. Mon Amadeo. Il sait ce que je veux, le couver dans mes bras, le soleil est banni pour la journée. Il referme les rideaux, éteint les lumières. Amadeo se nourrit de moi et me nourrit de lui avant de s'endormir. Je le suis dans la mort quotidienne, on se réveille en même temps que la mort du soleil.
Je lui choisis ses habits avec soin, il est très élégant dans son costume italien. Je caresse ses boucles soyeuses de mes lèvres, il les embrasse puis les mord, et de sa langue cueille les gouttes de sang délivrées par sa morsure. Mon sang se mêle à sa salive, Il est Amadeo et je suis éternelle, entièrement sienne.
On sort bras dessus bras dessous dans la nuit. On parcoure les jardins, les parcs, puis les endroits malfamés de la ville. Je le regarde se nourrir, je trouve ça fascinant. Et répugnant. Mon esclave sait qui il est, je n'ai pas peur. On glisse plus qu'on ne marche.
J'ai envie de danser, je lui murmure. La discothèque est pleine à craquer d'odeur de sexe. Les filles sont odorantes et leurs croupes s'offrent avec insistance aux mâles puant la sueur et l'alcool. J'inspire, j'analyse en essayant de distinguer tout ce que ses sens puissants lui transmettent. Il me remercie du don de ce jour, du nom qu'il porte, et qui lui permet de percevoir si puissament, différemment aussi. Je joue avec le feu, demain il ne voudra peut-être plus de nouveau nom. Mais demain ne viendra que quand aujourd'hui sera mort, et aujourd'hui est incroyablement vivant.
Il m'enlace, au milieu de tous ces gens profondément malheureuses qui rient en gesticulant sur de la musique techno, il m'enlace et me raconte les villes, les choses étranges, les douleurs que le temps ne guérit pas quand on est hors du temps, au creux de l'oreille que sa langue effleure parfois il fait pénetrer sa vie en mots, en sang, en laideur et beauté effrayantes. Une larme rencontre mon épaule. Une larme rouge et glaciale.
Je commence à étouffer ici, trop de détresse, trop de rêves refoulés peuplent les visages perdus qui nous entourent.
Il le sent, me prend par la main, j'inspire une grande bouffée d'air frais pour chasser les relents de la discothèque, puis j'inspire une grande bouffée d'air à travers ses cheveux, toujours parfumés, jamais altérés par le monde.
Nous allons à la plage. J'ai toujours profondément chéri la mer, elle m'absorbe entièrement pour ne laisser de moi que la pureté de la folie. Je le lave en riant, je tremble de froid. Lui aussi. Nous sommes comblés, heureux, et frigorifiés. Je m'étends sur le sable glacial, il s'étend à mes côtés. Je ferme les yeux et poursuis du regard interne l'ascension du froid. La douleur se répand peu à peu, délicieusement mortelle. Mes pieds disparaissent avant de m'élancer quand mes mains disparaissent à leur tour. Nous ne sommes plus que successions de membres disparus et de douleurs hurlantes. Mes yeux sont toujours fermés. J'observe peu à peu la douleur qui s'empare de chaque petite parcelle de nos deux corps, une douleur qui mord et élance au rythme d'un tambour de guerre, au rythme des vagues qui nous lèchent les cheveux. Elle atteint son paroxysme pendant que mon regard interne s'amuse d'elle. La douleur semble sur le point de nous exploser ern milliers d'échardes. Je lui dis qu'elle ne gagnera pas, que nous sommes forts. Que lui, mon objet, ne se laissera pas faire par elle puisque je lui ai ordonné.. Et que moi, je m'en foutais d'elle.
Alors elle a changé de nature. Elle n'était plus aigüe mais grave comme le râle du désir.
Nous avions gagné. Je t'aime Amadeo.
Notre lit nous attendait au retour, refait. J'y étends Amadéo, je me glisse sur lui. Nos jambes s'entrelacent, il sait que c'est le moment.
Il sourit.
Je lui tranche la gorge.
Je souris aussi.
Demain il renaîtra, comme chaque matin. Et je devrai lui décider d'un nouveau nom, sinon il mourra, pour de bon. Mais pendant la contemplation de la douleur un nom s'est imposé à moi, tout naturellement.
Demain tu seras Flora, la brune aux yeux bleus...et aveugles.
Je m'endors, la main dans la main de ma perpétuelle victime.
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Commentaires
Epoustouflant, donner la vie, la recréer et la modeler suivant nos désirs.
Avoir un Amadéo ou une Flora, qui obéit à nos caprices, qui prend en initiative l'acte dont nous rêvons, le geste dont nous fantasmons.
Une créature dévouée, pleines d'envies, de nos envies, qui pour une nuit, nous mène là ou la réalité est incapable de nous conduire.
Merci pour cette évasion et bon appétit.
Ecrit par : Téméraire | 11.03.2007
...
!
:)
Toi l'artiste, moi humble lectrice
Toi nous faire rêver
Nous Speachless !
Gros Bisous à ma Magicienne
Ecrit par : Nadia | 11.03.2007
Tiens ça me rappelle un de ces films sur Dracula ^^
Les trois belles femmes, très sexy d'ailleurs, qu'il enferme dans son donjon .. auxquels il balancent des victimes des fois ..
Et là je me rappelle que je m'imaginais entre leurs mains .. héhéhé .. humm humm ..
Un peu comme le Amadeo ..
B2 .. aux anges ^^
Ecrit par : B2 | 11.03.2007
De la folie douce , le temps de donner forme à l'inconnu qui nous inspire , homme ou femme de papier...! Le monde t'appartient Mia )
Ecrit par : soulef | 12.03.2007
Je ne viendrai pas te provoquer sur ton propre blog... Je te laisse cet exercice vil... Par contre je tiens à préciser que la personne que tu fustiges si bien sur le mien n'existe pas, c'est une oeuvre fictionnelle, un personnage monté de toutes pièces pour les besoins d'une chronique satyrique.
Si tu as besoin d'assouvir ton voyeurisme maladif, tu peux toutefois revenir faire un tour chez moi, en prenant le temps cette fois de plus me lire, tu y es la bienvenue, mais cette fois, j'attends au moins de toi des critiques constructives... Des choses à la hauteur de ce que tu postes ici...
Ecrit par : Lady Zee | 12.03.2007
Ton envolée lyrique est époustouflante de qualité et vive d'émotion, tu as de l'or au bout de ta plume. Vivement l'épisode Flora et encore Bravo
Ecrit par : Zaz | 12.03.2007
@Téméraire: Oui :)
@Nadia: contente que t'aimes :D, bisous ma belle!
@B2: C'est normal que ça te rappelle un Dracula (même si le seul Dracula lli tan3taref bih houa dial ssi Coppola :p)
Tu sais quoi? Moi aussi je suis aux anges :D, j'ai eu une très bonne surprise au réveil :))
@soulef: :)). Je t'embrasse fort (et les petits anges aussi :))
@Lady Zee: Etant de très bonne humeur ce matin, je me ferai une joie de corriger certaines choses:
1)
- Provocation: mes humbles connaissances en français me permettent d'affirmer qu'une provocation est un acte cherchant à enrager un individu afin qu'il réagisse de façon souvent violente. Exemple: Aller dans la section "commentaires" d'un post pour écrire des choses sans aucune relation avec le post en question et en proférant des injures.
- Section "commentaires": C'est ce que j'ai utilisé chez toi pour critiquer ce que je croyais être ta vision des choses. Tu me dis ici que ce n'est pas la tienne (et en profites au passage pour oublier tes bonnes manières), je te réponds que je ne comprends pas ce que ta clarification vient faire ici alors que sa place est sur ton blog (sur le post en question). Tu n'aurais pas perdu tout sens de la logique en lisant un commentaire négatif sur ton post, j'aurais présenté mes excuses à Zee, gentiment et en toute bonne foi, et critiqué Sata.
2) Acte de blogger: pour faire très simple, ça consiste à avoir un blog (la plupart du temps) et à lire les autres blogs. Traîter de voyeurisme maladif la lecture de ton post te rend redevable d'excuses à ma personne, à l'ensemble des bloggeurs, et aux lecteurs non bloggeurs qui, de temps en temps, naviguent sur le net en cherchant des choses à découvrir. Ca te fait un bon paquet de gens, bon courage.
3) Vil et voyeurisme maladif: insultes, chose qui apparaît dans ton commentaire_qui_n'a_rien_à_faire_ici et qui est complètement absente des miens.
Conclusion: Si jamais tu veux répondre, ou commenter, ou laisser une remarque, bref, si l'envie te prend d'écrire quelque chose dans ce blog, je te prie de laisser les injures et les analyses psychologiques chez toi, de rapporter au moins tes bonnes manières (et des critiques si tu veux) à défaut d'excuses. Tu seras alors également la bienvenue et nous pourrons discuter de Marrakech, de mode, des personnages fictifs bizarres que nos lecteurs croient réels, ou de ce que tu voudras. Sinon ton commentaire n'apparaîtra pas, tout simplement.
PS: Vu que le commentaire de LadyZee me rend aussi hilare que le récit de Sata, je me vois sincèrement désolée (pas tellement en fait) de décliner ton aimable invitation.
@Zaz: Merci, ton compliment me touche, vraiment :). D'autant plus que j'hésitais à commencer cette série, alors ça m'encourage :D
Bon, bientôt Flora alors :p...
Ecrit par : Mia | 12.03.2007
maman j'ai peur !!! :P
@lady zee : à ta place j'aurais un peu peur d'être la suivante dans la liste : Amadeo ==>Flora==> Lady zee :P
@Mia :Patate et Psychopathe ça rime :D
Ecrit par : Gattuso | 12.03.2007
J'y crois pas...
Je viens d'acheter un doudou que j'ai appelé Amadeo si c'est pas de la télépathie ça!!!
T'es bien ma chérie...tu me manques :(
mmmmmmmmmmmhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
Ecrit par : ange | 12.03.2007
Y a des moments comme ça où tu me fais peur Mia :s
et c'est biensur à 1:37 du matin que je lis ça!!
J'espère que ces aventures ne dépassent pas le clavier!
PS: Bravo pour le texte, un vrai délice!
Ecrit par : Ness | 14.03.2007
@Gattuso: Tu veux dire que tu n'as pas envie, même un tout petit peu, d'être à sa place? :p En plus il meurt pas vraiment :p
@ange: Ca ne m'étonne même pas ce genre de trucs tellement ça nous arrive tout le temps :S. Tu me manques aussi ma chérie :(.
@Ness: Qu'est ce que vous avez tous à avoir peur? Chui une gentille fille (psychopathe d'après certains) juré craché :). Disons que si certains textes dépassaient le clavier...ce serait vraiment grave :S
PS: J'ai essayé de commenter chez toi mais c'était fermé, j'espère que tu vas mieux ma puce, je te fais un énorme bisou.
Ecrit par : Mia | 15.03.2007
Reçu ;) Mouah!
(demain est un autre jour n's pas?)
Ecrit par : Ness | 16.03.2007

