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18.08.2006
Nowhere
Et des paysages
Et Lui, partout en moi, dans mes pensées, dans mes gestes, dans leurs mots, dans ce que mes yeux avalent de beauté amère dans l’absence du partage, du partage avec lui.
Des virages à n’en plus finir, du danger, de la terre et de la pierre, de l’eau froide et sombre, des visages éternellement pauvres et dignes, du vent, encore et encore
Et lui, comme une braise éternelle que le vent nourrit, lui qui tombe en moi à m’écraser, à faire exploser mes vaines tentatives de comédie.
Des siècles d’errance qui ne font que commencer, un frisson à la pensée que j’en suis peut être qu’au tiers de ma vie.
Le poids de la vieillesse, des rides qui s’entassent et étouffent sous leur poids les rêves et l’espoir d’un lendemain.
Un lendemain sans lui, alors qu’il habite chaque seconde de mon passé. L’absence, brutale, sans appel, incompréhensible et impitoyable comme la mort.
Loin de l’étourdissement, du bruit, du babillage bienheureux que je tissais autour de ma détresse, que mes sœurs, sans avoir à poser de questions, maintenaient fermement dense. Ici je suis nue dans le froid de la conscience. Les galets et un sable d’un marron grisâtre remplacent le doré lumineux des plages du Sud. Je hais la méditerranée, trop sale, trop de monde, dépourvue du mouvement incessant de l’eau, qui lave les rires et les larmes.
J’essaie de ne pas penser à la rentrée, au temps qu’il me faudra passer à chercher un appartement, m’occuper de mes papiers dans un pays qui ne veut pas de moi, tout cela en « squattant » chez quelqu’un, ou quelques uns, et en travaillant toute la journée. Je me dis aussi qu’il faut que tout soit réglé avant fin Septembre, début de ramadan, qui promet d’être infernal, et que mon père essaie de me convaincre de ne pas faire.
Je ne peux pas. Je ne crois plus en rien. Je ne crois plus à l’amour, le bonheur je n’y ai jamais vraiment cru. Je ne crois plus à la beauté, ni à la possibilité de devenir meilleur. Je ne crois plus à la bonté, quelle qu’elle soit, de l’être humain. Mes principes se dissolvent un à un, seuls quelques rocs inébranlables et têtus endurent l’érosion du non être pour me rappeler encore que l’être fût, un jour.
Je crois encore en la bienveillance de Dieu, quelquefois plus qu’en Dieu lui(elle)-même. J’ai besoin de croire en Dieu, seule constante de ma vie, même pendant mon agnosticisme, même pendant ma révolte contre tout ce qui peut me relier de près ou de loin à la laideur et la pourriture des barbus.
Et je crois encore en Lui. Lui qui sera toujours une ombre entre moi et tout autre homme, parce que je refuserai de Le tuer en moi, parce qu’Il est ce que j’aime le plus en moi, parce qu’aucun homme n’acceptera qu’un autre ait autant d’importance dans mon univers.
Un film en arrière plan. « Jawhara », un film dur à regarder, mais que je regarde parce qu’il aide à mieux comprendre ce Maroc qui est né du sang d’une génération cultivée, consciente, foutue, torturée, une génération qui s’est battue pour la liberté et le droit à la parole, qui s’est sacrifiée et dont le sang a séché sur les marches de l’oubli.
Je demande à ma mère si elle connaît le film, elle m’informe que le scénariste fait partie de ma famille. Son visage me revient à l’esprit, je le connais à peine, même s’il m’a toujours fascinée.
Le Liban, encore et encore à la télé, des nombres, des nombres qui sont des vies, des larmes, des existences détruites.
Et puis…
Et puis…
Merde
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Commentaires
Bonjour Mia's,
J'étais en promenade sur les blogs, et j'ai bcp bcp admiré le tien , sa conception, tes articles, les mots et les expressions que tu utilisent, c'est à la fois très touchant et laissent toute personne en longue réflexion,
Aussi , j'ai bien apprécié les liens de musique que tu associes à tes articles,..... je peux te demander , mia's, comment tu arrives (informatiquement parlant) à les réaliser ??
Toutes mes félicitations, et je me permets d'être une fidèle lectrice de ton adorable blog .
Ecrit par : kaoutar | 19.08.2006
Bienvenue Kaoutar!
Merci pour tes propos, je suis repassée en mode tomate rouge écarlate là :) , contente que tes errances bloguiennes t'aient menée chez moi :p
Pour la zik, je ne peux malheureusement pas t'aider, sur hautetfort tu peux attacher un fichier zik aussi facilement qu'une image, en appuyant sur un bouton. je n'ai aucun mérite à cela :( . Mais beaucoup de bloggeutrs mettent de la zik en intégrant du code, si tu m'envoies une adresse mail à "themaharet@yahoo.fr" je te forwarde un mail d'explications qu'on m'avait envoyé. Cependant je ne garantis pas le résultat vu l'expéditeur (hein my bijou ;) )
Ecrit par : Mia | 21.08.2006
Devant une telle réflexion d’où s’émanent une douleur perçante et des interrogations assez bouleversantes, je me demande : est-il possible de penser au-delà de la détresse et la désolation ? Est-il possible de récupérer la beauté perdue du monde, de retrouver un moyen de couvrir la nudité d’une conscience meurtrie dont le cadavre est en train de se décomposer comme un spectacle hideux? Est-il possible même de parler de Lui/Elle sans risquer d’être envahie par un arrêt de sens ou bien une crise d’absurdité?
Mais chaque réponse qui me vient ne fournit rien en dehors de la logique de l’abandonnement : peut-être, Il/Elle nous a quitté sans laisser de la trace et il se peut aussi que notre tâche ne consistait qu’à créer la trace nous même et continuer à traverser l’opacité de ce malheur qu’on appelle l’existence humaine… !
Ecrit par : Passante Précaire | 21.08.2006
Mia, j’ai une confession à faire : hier, j'ai eu un orgasme intellectuel tout en lisant tes écrits … :-)
Ecrit par : Passante Précaire | 22.08.2006
La beauté du monde reste toujours en nous, mais quelquefois la tristesse nous empêche d'avoir le courage d'assumer une possibilité de bonheur après le désespoir. En tout cas c'est ce qu'on essaye de me mettre dans la tête depuis quelques temps :p
Bienvenue chez moi :D, et pour l'orgasme intellectuel, waw je suis flattée, merci :)
Ecrit par : Mia | 22.08.2006
C dingue quand je lis tes textes avant je dois me forcer et au bout d'un paragraphe je suis complètement dedans. Avec la musique en plus pr celui-là, c'était top.
Il y a plein de choses dans ce texte, mais c'est avant tout de la peur. Peur du futur lointain puis proche, et peur du passé, de sa force et de ce qu'il pourrait faire de toi.
Et la volonté qu'il y ait quelque chose de constant dans sa vie.
C'est rassurant.
Tu sais que j'y crois aussi. Par moments ca soulage vraiment. Mais personnellement, ce n'est pas assez concret pour remplir le rôle de "ce qui est constant dans ma vie".
Finalement, je crois qu'on apprend à voir toutes ces vérités absolues qu'on nous apprend depuis notre enfance voler en éclat face à la faiblesse humaine. Une à une. Souvent juste par manque d'amour, à la recherche d'une parcelle de tendresse.
On apprend qu'il n'y a rien de constant ou d'absolu dans ce monde. Notre propre existence est elle-même un claquement de doigt. Et dans ce court labs de temps il y a plein gens qui passent. Mais ils ne sont que de passage et on se retrouve toujours seul avec notre soif d'amour.
On apprend à sentir la solitude peser sur son coeur et à vivre avec. A trouver des raisons à première vue insignifiantes pour vivre, et qui finalement, elles, sont la constance de la vie. La question inattendue et innocente d'un enfant, l'odeur de la pluie, voir les yeux d'un ami pétiller de bonheur...
Et se dire que la vie est belle, quand même.
Ecrit par : mellie | 04.09.2006
Tiens tu m'as fait pleurer ...faut dire qu'il ne m'en faut pas beaucoup en ce moment mais bon..."Et se dire que la vie est belle, quand même"
I'm so sad my mellie, and I really hope there's a dawn somewhere in the future. Or maybe I have to draw it in my own colors, but I don't have any strength left. Je suis tellement épuisée, I just wanna lay down, and close my soul.
Et demain je vais regretter ce comment..mais il paraît que demain est un autre jour, but I only see the same day, everyday, again and again. There's a hole en plein dans ma raison.
Ecrit par : Mia | 06.09.2006
‘Demain n’est qu’un autre aujourd'hui’ disait Sartre (ou plutôt Mr. Roquentin) dans La Nausée.
Pourtant, il faut projeter la potentialité dans ces aujourd’huis perpétuelles. Il faut interrompre la répétition du même pour que chaque différence fasse vraiment une différence. Il faut subvertir l’ordonnancement de ce monde pour ‘devenir’ au lieu de rester figée dans la position d’ ‘être’. Il faut perturber l’aujourd’hui au lieu d’en passer à côté pour que demain soit enfin un demain. Et Mia tu es sûrement sur le bon chemin… A travers tes écrits, je peux sentir ta présence au bord de la rupture : ce désir de vider le soi de son contenu ; ce besoin de se jeter toute nue dans le bassin de l’inconnu… And who wouldn’t feel tired by such a passion? who wouldn’t lose strength in front of such a mighty wind?
Perhaps what is more difficult and tiring is to be ‘rejected’ by one’s own pain and sadness … as long as you are still communicating together then it is not too bad…
Ecrit par : Passante Précaire | 07.09.2006
hey girl, sorry for having made you cry!
Though i say life is hard and most of the time you feel lonely and i really meant it, it's worth trying anyway. Sometimes, you have to stop making efforts, just let yourself go. Those times are also necessary.
Happiness itself does not exist, only once you knew despair you understand what it really means. Life was not always nice with you girl, but it's a chance for you. Later when you wake up you'll know better than anyone why you want to live.
Let yourself go, please, let despair invade you until it reaches the point when you don't know if you've got a future anymore. Once you reach it, there is no return, you can never be the same again. Is it cruel to say that? Maybe, but you're strong enough, and i believe in you.
You'll feel you are weaker but you'll be stronger
You'll feel you are broken but you'll be repaired
You'll feel you protect yourself but you'll be eager to take more risks
You'll feel you are dead but you'll be more aware of your own life
I believe you know what i'm talking about, even if you doubt it. I'm over optimistic but how else?
And don't forget we are here, and we love you
Ecrit par : mellie | 07.09.2006
@Passante Précaire: un grand grand merci :) , et même plus grand que ça encore ...
@Mellie: Yes I know what you're talkin' about, et je me dis que t'as parfaitement raison :), tu vois? je vais déjà mieux :p
@toutes les deux: vos mots m'ont vraiment aidée, merci encore :)
Ecrit par : Mia | 08.09.2006
My pleasure @--
Ecrit par : Passante Précaire | 09.09.2006


