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22.03.2006

Is there....

Il fait sombre et humide, je ne distingue rien. Je tâtonne autour de moi, c’est froid, et mouillé. De la terre et de la pierre. Je ballade mes mains et me rends compte que c’est lisse et circulaire. Je lève les yeux, je sais qu’il fait jour, mais je vois clairement les étoiles. Je suis vraisemblablement dans un puits profond. Bizarre. Je ne me rappelle pas être descendue, j’étais simplement allongée au soleil.
Je ne sais même pas depuis combien de temps je me trouve ici. Peut être depuis une seconde, ou peut-être depuis toujours. Non, ça ne peut pas être vrai. Ce puits là je ne le connais pas, et Dieu sait que j’en ai visité !! Je me rends compte soudainement que je suis nue, j’ai le réflexe absurde de me cacher les seins (et pas le bas-ventre) alors qu’il n’y a personne. C’est étroit, si je tends entièrement le bras droit mon épaule gauche se retrouve calée contre la paroi en face. Mes yeux commencent à s’habituer à l’obscurité, je distingue un petit carré vert lumineux sur la pierre. Je connais déjà l’inscription qu’il porte, c’est la même dans tous les puits. « EXIT ». J’ai un mouvement de recul, irréfléchi. Il ne faut pas presser le bouton, c’est mal. Je ne me rappelle plus trop bien pourquoi d’ailleurs. J’ai le vague souvenir d’une porte qui s’ouvre si on appuie…sur quoi déjà ? Je ne sais plus. C’est sans importance, je ne cherche pas à le savoir. J’ai d’autres chats à fouetter.
 D’abord comprendre, comment ? J’étais étendue au soleil, ok, et après ? Une pente. Très douce. J’étais allongée sur le ventre, sur une pente tellement douce que je ne me doutais pas que c’était une pente. Au début c’était agréable, mais au moment de me relever j’ai glissé. Je voulais aller à l’ombre, mais la terre me ramenait à elle. Le sol était boueux, je ne comprenais même plus pourquoi je m’étais allongée en premier lieu. On a dû me dire que la boue c’était bénéfique pour le corps. Conneries ! Qu’on vienne me sortir de là ! J’ai essayé encore et encore de me relever, mais je retombais aussitôt. Alors j’ai refoulé mon orgueil et appelé à l’aide. J’ai senti des mains me chercher, s’agripper à ma manche. Des secours, enfin ! J’ai attendu ce qui m’a semblé être une éternité, qu’une main prenne la mienne, m’aide à me relever, m’empêche de glisser à nouveau. Mais elles se baladaient partout sur moi sans chercher ma main. J’ai compris trop tard que ces personnes s’agrippaient à moi pour mieux remonter. Mes ongles s’accrochaient au sol pour ne pas glisser sous l’effet de leurs efforts, je les ai vues se relever, j’ai vu leurs pieds s’éloigner à toute vitesse de la pente de plus en plus prononcée.
Et me voilà. Je ne comprends pas ce qui s’est passé, les parois désespérément raides du puits n’ont rien à voir avec la pente qui m’a amenée. Ce puits est bizarre, vraiment. Je commence à frissonner, à suffoquer. Ma claustrophobie accélère le processus de panique totale. Je tourne en rond comme un fauve enfermé. Réfléchis, réfléchis sans fléchir, tu vas y arriver.
Le puits où je me trouve n’échappe pas aux règles élémentaires auxquelles se tient tout puits qui se respecte. C'est-à-dire que ses parois commencent à se rapprocher, lentement mais sûrement. Le phénomène m’est familier mais je l’ai déjà dit, ce puits a quelque chose de différent. D’abord il est tellement profond que je distingue parfaitement Sirius en plein jour, mais il n’y a pas que ça. Une autre raison me met mal à l’aise, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.
Une voix m’arrache à mes pensées, une voix douce et inquiète. Ange. Elle est là. Je distingue une autre voix qui appelle avec elle, Seb est là aussi. Ils me disent que tout va bien, que je vais bientôt sortir de là. Ils enlèvent leurs chemises pour me faire une corde, me la jettent, je l’attrape, ils me remontent juste assez pour que le puits, croyant perdre sa proie, arrête de rétrécir. Et là la corde casse. Je leur crie de trouver d’autres chemises pour la consolider, je me rappelle avoir vu des gens partout autour de moi avant de glisser. Et là ils me relancent la même corde à deux chemises, recousue. Je comprends qu’ils n’ont trouvé personne à qui demander. En un éclair la pensée de toutes les chemises que j’ai usées à sortir des gens de toutes sortes de trous me traverse en un frisson glacial. Je regarde mes mains, et sent les multiples écorchures dues au frottement des cordes. Je pense à l’ironie de la situation, les muscles qui m’ont permise tant de fois d’être utile me rendent aujourd’hui trop lourde pour être portée par deux chemises entrelacées.  Je regarde les deux visages tout en haut et m’en veux de leur imposer cette lourde responsabilité.


 

Et là je me rends compte enfin de ce qui ne va pas dans ce puits.

 

  J’étais tellement absorbée par ma tentative d’évasion que je n’ai pas remarqué le bouton. Il s’est étendu, gangrénant le mur, formant une sorte de ceinture verte sculptée dans la paroi. Mais ce n’est pas ça le plus grave. Il POUSSE. Verticalement, il pousse de la paroi comme un furoncle, de plus en plus gros. C’est peut-être ce que font tous les boutons des autres puits, se multiplier et pousser, mais je ne suis jamais restée assez longtemps pour le vérifier. Les parois se rapprochent toujours, inexorablement, et le bouton lumineux avec elles.
Je me dis que le passé est mort et pourtant fait mal, que le futur n’est pas et pourtant fait mal, je ne vois plus que le présent, avec une immense issue de secours verte, disant « EXIT ».

08:45 Lien permanent

Commentaires

J'aime bien le style de la narration. Mais les symboles m'échappent. Une deuxième lecture ne me fera pas de mal. J'ai l'impression d'une certaine signification, mais l'idée reste très floue dans mon esprit. Ce texte doit avoir plusieurs interprétations possibles...

Ecrit par : not | 23.03.2006

relis et elle sera claire :). J'ai écris ce poste dans un état d'esprit bien clair et avec un sens précis. Donc pour moi il n'a qu'une interprétation..

Ecrit par : Mia | 23.03.2006

et dire que pendant tous ce temps j'ignorais l'existence de ce blog, comme quoi dans la vie il ne suffit pas d'avoir tout à portée de main mais il faut bien s'en apercevoir ;-)

Ecrit par : Gattuso | 31.03.2006

Moi rouge tomate là... :)
Epuise pas tous les compliments non plus laisses-en un peu pour les prochains posts! ;)

Ecrit par : Mia | 31.03.2006

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