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21.03.2006

De l'art de la prostitution

Une semaine. Cela fait une semaine que je suis entrée dans leur monde. Une semaine que je ne suis moi que les quelques heures où je me réfugie dans la solitude bénie de mon chez moi. La première semaine d'une bonne quarantaine d'années. I was freaking out, now I know I was right. L'esclavage moderne. La contribution à l'évolution d'une société que j'abhorre. Je m'invente des raisons, il faut grandir un jour, devenir responsable, s'intégrer, et gagner sa vie. Gagner sa vie ! La plus grosse aberration de notre ère. Alors que le système me pousse à la dilapider, à sacrifier mes idéaux et mes rêves pour le confort. Car la voilà la raison, celle que nous connaissons tous. Je n'ai pas les couilles de le faire. Ma soi-disant noble âme aime trop son petit confort pour envisager de risquer la garantie de l'aisance matérielle. Oh ce n'est pas tous les jours comme ça, car je suis une auto-manipulatrice hors pair. Souvent je suis convaincue que c'est une histoire de temps, que si d'autres y arrivent alors pourquoi pas moi. Que ça peut finir par devenir tellement passionnant qu'y sacrifier 80% d'une vie précieuse ne posera pas de problème. Ou alors, la meilleure raison de toutes, est que je ne ferai pas ça toute de ma vie, que je pourrai changer de voie quand je le voudrai. C'est ça oui ! Si je n'ai pas eu le courage de le faire jusqu'à aujourd'hui ce n'est pas quand l'argent soporifique de la fin du mois calmera mon réalisme que je le ferai. Je vends de l'irremplaçable et du sacré pour du vil argent, et je ne le regrette même pas vraiment. Je vends le bonheur que j'ai rêvé, pour lequel j'aurais pu me battre et que j'aurais pu obtenir, je vends de l'intensité, de l'originalité et de la passion pour une vie de soirées de légumes lessivés devant un écran géant. Je brade ma personnalité et mon estime pour moi-même pour acheter une miette d'existence une fois par semaine. Et enfin je mets ma conscience dans un congélateur haut de gamme, plein à craquer. Et je deviens l'une des leurs. Comfortably numb. Fière de mon avancement de ma voiture de ma belle baraque et de mes beaux bambins. L'enfant est mort, vive l'adulte. Les grandes personnes sont toutes des putains.

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Commentaires

Héhé bienvenue ds le monde réel!! C fou kom on en est protégé avt d'en arriver là. Ms kom tu dis, on peut tjs choisir sa vie. Si tu ne le regrettes pas, eske c vraimt tu la détestes ta vie? Tes idéaux, tu as tjs le droit dy croire et de les vivre, à ton échelle. Et si tu suffoques, crois-moi, t'auras assez de courage pr te barrer ;)

Tu viendras me rendre visite. Tu verras, c encore plus glauque ici, paske les gens n'ont pas le choix. En fait, franchemt cette vie métro-boulot-dodo, elle me plait parce ke je l'ai choisie kom je la voulais. Et le travail, oui, c bcp de sa vie, ms si tu aimes, où est le pb?

Ecrit par : mellie | 24.03.2006

Justement, je ne sais pas où il est le problème. J'arrive pas à y réfléchir en ce moment. J'ai envie de dire que me tuer au travail m'empêche de penser, mais c'est pas vrai. Je me sens de plus en plus mal. Et comme plein de choses ont changé d'un coup au même moment je ne sais pas exactement si je dois faire confiance à mon jugement. Je veux dire que des fois on croit identifier la cause d'un malaise alors que c'est une façade pour en cacher une autre... Je ne sais vraiment pas (bon comme tu vois je suis paumée en ce moment :p)
Quant à te rendre visite, t'inquiètes pas dès que je peux je prends le premier avion!!

Ecrit par : Mia | 24.03.2006

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