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21.03.2006

Beau de l'air


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage,
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

18:22 Lien permanent

Commentaires

Pourquoi toujours considérer la différence comme une tare? Cultivons la, au contraire, c'est elle qui fait notre force.
Comme dirait un grand sage "petit oiseau si tu n'as pas d'ailes, tu n'es rien en tant qu'oiseau"! Oui mais l'intérêt justement c'est que tu as des ailes :)

Ecrit par : mellie | 17.04.2006

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